Les processus biologiques mis en jeu

Les informations énoncées sur cette page ne sont pas contestées. Elles sont considérées comme connues par les scientifiques et ne font absolument pas l’objet de controverse. Il s’agit ici de comprendre le fonctionnement global de l’organisme lors du jeûne.

L’alimentation, source d’énergie :

L’alimentation apporte tous les substrats énergétiques à l’organisme sous trois formes différentes : les glucides qui sont des sucres, les lipides qui sont des acides gras et les protéines qui sont des acides aminés. L’organisme a besoin d’un apport continu de ces substrats tandis que leur ingestion se fait de manière discontinue puisqu’elle se fait lors des repas. Il existe donc dans le corps des mécanismes de stockage de ces ressources.

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Les glucides sont stockés sous forme de glycogène dans le foie et les muscles. Les lipides sont stockés sous forme de triglycérides dans les tissus adipeux et les protéines sont stockées dans les muscles. Les cellules de l’organisme, le cerveau en particulier, ont besoin du glucose pour survivre. C’est la raison pour laquelle en cas de manque de glucose dans le sang (hypoglycémie), l’organisme va mettre des mécanismes en place pour pallier ce manque. « Suivant la phase du jeûne, les substrats énergétiques utilisés par le cerveau seront le glycogène hépatique, le glucose dérivé des protéines et les acides cétoniques dérivés des acides gras. Les autres organes utilisent les acides gras comme substrat énergétique dès la chute de l’insulinémie. », explique le rapport de l’Inserm sur l’évaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique.

Les différentes phases du jeûne :

Trois phases ou états sont distingués en fonction du temps qui sépare de la dernière prise alimentaire. Ces différents processus ont été rassembler en fin de page dans un tableau récapitulatif qui permet de comprendre en un coup d’œil ce qui est expliqué ci après.
La période « post prandiale » qui correspond aux 8 heures qui suivent la dernière prise alimentaire.
La période « post absorptive » qui se caractérise par une dernière prise alimentaire comprise entre 8 et 16 heures. Nous vivons tous cette phase tous les jours lorsque nous nous réveillons le matin.
– On parle enfin de jeûne lorsqu’on est au-delà de 16 heures après la dernière prise d’alimentation. Là encore, on distingue 3 phases de jeûne qui sont décrites dans le rapport.

enplace« Le jeûne court : de 1 à 3-5 jours, ou phase protéique. Pour fournir du glucose au cerveau, un mécanisme de néoglucogenèse se met en place (voir ci-contre) : le glucose est principalement synthétisé à partir des acides aminés des protéines musculaires. Ce mécanisme adaptatif ne peut perdurer, car la fonte protéique est trop rapide. Une transition vers une nouvelle phase, visant à économiser les protéines, se met alors en place.

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Le jeûne prolongé ou phase cétonique. Cette période commence vers le 5ème jour de jeûne et peut durer plusieurs semaines. L’adaptation de l’homme au jeûne prolongé se caractérise par sa capacité à épargner les protéines corporelles. Les substrats énergétiques sont alors principalement fournis par la lipolyse. Les acides gras produits sont soit oxydés directement soit transformés en corps cétoniques. Les corps cétoniques peuvent en particulier être utilisés par le cerveau, diminuant de ce fait les besoins en glucose. Les acides gras et les corps cétoniques deviennent ainsi la principale source de substrats énergétiques, ce qui permet de réduire le catabolisme protéique musculaire et d’épargner les protéines. […] Chez un sujet mince, les réserves lipidiques représentent le principal facteur limitant de la durée du jeûne, tandis que chez le sujet obèse les réserves protéiques semblent être le principal facteur limitant (Cano, Barnoud et al. 2007).

La phase terminale : cette phase a été étudiée uniquement chez l’animal. La concentration plasmatique de glucose s’élève, la concentration plasmatique des acides gras et des corps cétoniques s’effondre, le catabolisme protéique augmente. Le passage à cette 3ème phase serait sous-tendu par la nécessaire reprise d’une activité motrice pour rechercher de la nourriture (Robin, Frain et al. 1988).»

A ces modifications métaboliques s’ajoutent des modifications psychologiques. Tout d’abord, au bout de 3-4 jours, on observe la disparition de la sensation de faim, « laissant place à une douce euphorie » explique Jerome Lemar dans sa thèse intitulée L’appellation « jeûne thérapeutique » est-elle fondée ou usurpée ? : éléments de réponse d’après une revue bibliographique chez l’animal et chez l’homme. Des « crises de fringale » peuvent également survenir. Au-delà de 21 jours de jeûne, on peut relever « une tendance dépressive, une irritabilité, voire un comportement hostile ou agressif ».

Étude menée chez la souris :

Dans un entretien au Nouvel Obs, Thierry Lestrade, documentariste auteur du document d’Arte sur le jeûne, explique ce que Valter Longo découvre durant ses recherches sur l’animal. Celui-ci a fait « appel à la biologie moléculaire – et c’est sa grande force: utiliser les techniques scientifiques les plus modernes. Grâce à ces techniques, il observe la modification de l’expression des gènes après 48 heures de jeûne environ. Il peut expliquer que les cellules saines se mettent en mode «protection», en économisant leur énergie, alors que les cellules cancéreuses sont incapables de se protéger. Elles détestent le jeûne, cherchent toujours du «carburant» qu’elles ne trouvent plus. Quand la chimio arrive dans l’organisme, les cellules saines s’en protègent et les cellules cancéreuses l’absorbent avec avidité. » Il reste néanmoins très prudent quant à la généralisation de ces résultats chez l’homme car les recherches n’en sont qu’à leurs débuts. Les résultats de cette étude sont résumé sous forme de schéma explicatif ci-dessous.

Mice

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Tableau récapitulatif des phases du jeûne et des processus biologiques associés:

Tableau

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